L’épidémie de grippe A-H1N1 “s’accélère de façon encore plus brutale”, a déclaré, d’un ton un peu alarmiste, la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot jeudi. L’Institut national de veille sanitaire a ainsi recensé 22 nouveaux décès en une semaine dus au virus H1N1, portant le nombre total de décès à 68 en métropole. Six d’entre eux concernent des personnes sans facteur de risque. Dans le même temps, les consultations progressent: Quelque 730 000 personnes ont vu un médecin pour la grippe A-H1N1 pendant la semaine du 16 au 22 novembre, soit 72% de plus que la précédente.
Vaccination à une dose
Du coup, les centres connaissent souvent des files d’attente, en raison d’horaires d’ouverture non respectés ou de défaillance de personnel médical, a reconnu la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, qui a exprimé son mécontentement. “Il n’est pas acceptable d’attendre deux, trois ou quatre heures, pas acceptable que certains centres annoncés comme ouverts ne le soient pas”, a-t-elle dit lors d’une conférence de presse jeudi. Pour pallier à ces difficultés, la ministre en appelle “aux médecins, infirmiers en activité, retraités ou étudiants, professionnels libéraux ou salariés, médecins du travail pour améliorer la prise en charge des candidats à la vaccination”. Toutefois, il n’est pas question de réquisitionner de force des étudiants, comme l’avait évoqué la ministre de l’Enseignement supérieur, Valérie Pécresse. Le directeur général de la santé, Didier Houssin, a précisé que le volontariat prévaudrait.
L’objectif visé par le gouvernement d’une vaccination générale de la population devrait aussi être facilité par le passage à une seule injection, officialisé jeudi par la ministre de la Santé. Seuls les jeunes de moins de 9 ans recevront toujours deux piqures “car la protection immunitaire est plus difficile à obtenir pour eux”, a spécifié Roselyne Bachelot.
Cette décision risque de laisser la France avec des stocks de vaccins en trop. Elle a commandé 94 millions de doses, un chiffre record en Europe, pour environ un milliard d’euros. La ministre a assuré que neuf millions de doses seraient données à l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Mais 10% de ces stocks seront perdus en raison du conditionnement multi-doses.




